La Rébellion du Nord-Ouest
Éclaireurs de la milice en 1885.
Nous entendons d’abord une rumeur qui s’étend en 1884. Le sergent de la salle des rapports était en congé quand il aurait entendu un Métis tenter de convaincre un Pied-noir d’abattre le bétail des colons. D’après Louis Riel, le pays appartient aux Autochtones et les blancs doivent être expulsés. Nous capturons l’homme et l’envoyons en prison pour vagabondage en lui conseillant de mettre fin à ces incitations. Un peu plus tard, le même homme rencontre Crowfoot. Suite à cette rencontre, les Pieds-noirs deviennent hostiles. Nous marchons jusqu’au campement de Crowfoot et arrêtons le Métis encore une fois.
L’Agence des Affaires indiennes à Slideout.
Après ces événements, occupé à surveiller les campements du chemin de fer, je n’entends parler qu’à l’occasion du mécontentement exprimé par les Autochtones et les Métis. Ces mécontentements ne sont pourtant pas difficiles à imaginer : Les Indiens des Plaines dépendent des bisons pour leur nourriture, leurs vêtements, leurs tipis et leurs croyances spirituelles. Les derniers bisons disparaissent au même moment où le chemin de fer apparaît au coeur de leur terrain de chasse. Suite aux années consécutives de sécheresse, les Autochtones affamés mangent leurs chiens et leurs chevaux avant de se tourner vers les souris et les spermophiles. Au même moment, le gouvernement adopte une politique voulant que l’aide alimentaire ne soit accordée qu’aux peuples ayant signé les traités et ceux qui demeurent à l’intérieur de leur réserve. Par contre, même les peuples qui répondent à ces conditions voient leurs rations réduites. Les agents des Affaires indiennes disent que les Autochtones doivent plutôt travailler pour leurs rations, non pas les obtenir gratuitement. Ceci vient tout à fait à l’opposé des promesses incluses dans les traités.
Lorsque les traités ont été signés, le gouvernement fonde la North-West Superintendency qui veille aux Affaires indiennes. Des agents et des instructeurs agricoles sont engagés et envoyés dans les réserves. Les instructeurs agricoles enseignent aux Autochtones les techniques agricoles. Par contre, la majorité de ces instructeurs ne connaissent pas grand chose au travail de fermier. De plus, ni les instructeurs, ni les Autochtones ne disposent de l’équipement, des animaux ou des grains nécessaires à rendre cette entreprise fructueuse.
Les agents, quant à eux, distribuent les paiements de traité et veillent aux affaires relatives aux réserves. Ils sont aussi responsables de nourrir les Autochtones en période de famine. Malheureusement, certains agents sont vindicatifs; ils ne distribuent que des demi-portions, ignorant les besoins de ceux qu’ils méprisent. Plusieurs agents sont méprisés par les Autochtones à cause du mauvais traitement qu’ils leur réservent, de leurs mensonges et de leur caractère peu généreux. Tandis que les agents devraient être les premiers à sonner l’alarme face à la souffrance grandissante et à la multiplication des problèmes, ils effectuent des rapports trompeurs. Si les agents avaient été plus justes dans leurs actions et s’ils avaient nourri les Autochtones comme il avait été promis dans les traités, ces derniers auraient été probablement moins enclins à prendre part à la rébellion.
Les Métis voient aussi leur mode de vie changer. Ils demandent encore une fois au gouvernement de venir les rencontrer pour négocier à propos de leurs droits à l’égard du territoire sur lequel ils ont toujours vécu. Ils n’ont pour réponse que des mensonges et des délais. Ils demandent à Louis Riel de revenir au Canada et de guider les peuples Autochtones encore une fois.
Un tumulte
Réunion des chefs Chipewyan.
En 1884, de Winnipeg à Edmonton, le Nord-Ouest connaît bien du tapage. Le chemin de fer devient le symbole de tous les malheurs connus par les Cris, les Sioux, les Assiniboines, les Pieds-noirs et les Métis du territoire. Prêtres, colons, Métis et policiers préviennent le gouvernement de ce qui s’en vient. Malgré tout, le premier ministre ne comprend pas, il ne porte aucune attention à ces avertissements ou il ne peut tout simplement pas réagir pour quelque raison que ce soit.
Le changement d'emplacement du chemin de fer par rapport au plan original est quelque peu décevant pour les colons. En fait, le chemin de fer ne suivra plus la route du Nord, là où tout le monde vit. Les fermiers se plaignent des frais élevés du transport, du monopole du CFCP et du peu de pouvoir dont ils jouissent face au gouvernement.
Sous les commandes de Big Bear, les Cris de la Saskatchewan du Nord sont mécontents de la trahison du gouvernement : Ottawa avait promis de les sauver de la famine et jusqu’ici, pour économiser, leurs rations ont été coupées de moitié. Les Métis ont aussi bien du mal à s’adapter au changement de style de vie et à accepter de renoncer à leurs terres.
Nous sommes désolés pour les peuples des Plaines et nous tentons de les aider de notre mieux. Nous leur donnons de la nourriture en provenance de nos propres réserves. Au Fort Calgary, l’inpecteur Denny commence à abattre le bétail : 2000 livres de viande sont partagées entre les Pieds-noirs, les Stoneys et quelques métis. Au même moment, nous devons aussi mettre à jour les lois que nous appliquons. Ces lois sont crées à Ottawa, je vous avoue qu’elles ne favorisent pas toujours les Autochtones. Nous remarquons que les attitudes changent et cela ne facilite pas nos tâches.
Attitudes
Un officier en compagnie d’éclaireurs.
Les Autochtones et les blancs entretiennent de bonnes relations jusqu’en 1880. Les Autochtones croient en l’esprit juste des policiers quand ils négocient avec eux. Les policiers sont généralement sympathiques face à ces peuples qu’ils ont vu passer de la fierté d’un riche héritage à la mendicité et à la dépendance face à la générosité du gouvernement et des colons.
Malgré tout, la PCN-O est un instrument du gouvernement et elle doit faire respecter des lois qui sont souvent inhumaines et injustes.
Les Autochtones voient la PCN-O se ranger davantage en faveur du gouvernement et ils se mettent à les considérer avec de plus en plus de méfiance.
Surintendant Lief Crozier.
Les Autochtones sont de plus en plus agités. Nos hommes sont appelés pour arrêter un homme qui a battu l’agent des Affaires indiennes à coups de hachette. L’arrestation a nécessité l’intervention du surintendant Crozier de Battleford, de l’inspecteur Antrobus, du sergeant Bagley et de vingt-cinq hommes. Parmi les cris de guerre et les coups de fusil, l’Homme-qui-parle-notre-langage est capturé par le surintendant et ses hommes. Notre interprète est capturé et un de nos hommes s’empare de son manteau, de son fusil et de son pistolet. Quand le surintendant offre de la nourriture à la foule, celle-ci se calme. L’interprète désarmé est bientôt relâché et tout rentre dans l’ordre.
Pour Crozier, cet événement est un avertissement. Il rapporte au commissaire sa crainte que ce ne soit que le commencement d’un long affrontement. Il ne pouvait voir plus juste.
Crozier pressent aussi que les Autochtones joindront les Métis s’ils enclenchent une rébellion. Les Métis s’attendent à ce que les Autochtones se rangent à leurs côtés et ils ont déjà parlé à plusieurs chefs. Louis Riel est de retour et Gabriel Dumont est un de ses capitaines.
Membres de la Police à cheval du Nord-Ouest durant l’incident Craig - 1884
Supt Lief Newbury Fitzroy Crozier
285 Insp William Denny Antrobus
Surg Robert Miller
27 Sgt Major Michael John Kirk
367 S/Sgt Alexander Brian Mackay
507 S/Sgt Stephen Warden
247 Sgt Frederick Augustus Bagley
318 Sgt William Alfonse Brooks
301 Sgt Henry Keenan
264 Cpl Charles Chasse
492 Cpl John Edward James McDougall McNeill
565 Cpl Ralph Bateman Sleigh
619 Const Charles Allen
615 Const William Anderson
620 Const Samuel D Armour
517 Const Godfrey Casault
642 Const Archibald Cole
646 Const Charles Cole
605 Const Colin Campbell Colebrook
521 Const John Jack Collins
802 Const Wilfred Cookson
813 Const Jacob Cicero DeGear
324 Const Arthur Dorion
525 Const Richard Dowsley
657 Const Ovila Dufresne
652 Const John A Duncan
484 Const Louis Fontaine
467 Const Frederick Fowler
966 Const George Fraser
672 Const Frederick Holtby Garton
1247 Const George M Grahame
679 Const Charles Grogan
1008 Const John Guthrie
682 Const William Theodore Halbhaus
869 Const Murray Henry Edward Hayne
538 Const Robert Hobbs
995 Const John (2) Hynes
695 Const Robert Ince
887 Const Warren Kerr
999 Const Charles Knight
707 Const Ferriol Leduc
925 Const Clarence McLean Loasby
542 Const Henry Clifton Loscombe
710 Const William W Lunnin
303 Const Joseph Audustin MacDermot
37 Const John A MacDonald
544 Const Thomas McAlister
724 Const William McQuarrie
429 Const Malcolm Tanner Millar
717 Const Thomas Millward
487 Const Albert Ernest Garland Montgomery
993 Const Edward Morrow
425 Const Arthur Thomas Murray
733 Const William Murray
744 Const George Pembridge
747 Const William Henry Potter
863 Const Frederick Edward Prior
1004 Const Thomas John Redmond
884 Const John Jones Roberts
763 Const John Rummerfield
762 Const Richard Rutledge
764 Const David Scott
768 Const James Arthur Simons
769 Const Percy William Simons
568 Const Odilon St. Denis
779 Const George Vicars Stevenson
776 Const John Harold Storer
994 Const William Straton
766 Const Daniel Sullivan
841 Const William P Williams
391 Const John Hibbert Wilmot
788 Const Orlando Worthington
610 Const John Yelland
864 Const Campbell Young
Interp Louis Laronde
Civ. Rory Finlayson