Fort Calgary
Une journée occupée au Fort Calgary.
Au printemps 1875, l’assistant commissaire Macleod envoie l’inspecteur Ephrem Brisebois au nord pour fonder un nouveau poste. Il existe un endroit où les sentiers en provenance de n’importe quelles des directions convergent. Ce lieu de convergence constitue, en fait, le gué de la rivière Bow, l’endroit parfait pour construire un fort et garder l’oeil sur les allées et venues de tous. Brisebois choisit cette place où la rivière Elbow rencontre la rivière Bow.
La compagnie I.G. Baker est engagée pour fournir le bois et d’autres fournitures nécessaires à la construction du fort. Les hommes construisent le fort eux-mêmes.
Prêts pour l’inspection dans l’ère de parade.
« Dans des tranchées profondes, nous dressons des bûches de pin côte à côte afin de former la palissade et les murs extérieurs des bâtiments qui font face à l’intérieur du fort. Les quartiers des hommes se trouvent sur un côté du carré; la soute à provision et les boutiques sont sur le côté opposé; au nord, une étable pouvant contenir 50 chevaux est construite; au sud, se trouvent les quartiers des officiers et du gardien. Les toits sont couverts de terre et les murs de bois sont embourbés avec de l’argile. Le tout forme un carré de 150 pieds sur 200, muni d’une porte à chaque extrémité. Au départ, comme ils n’ont pas de bois de charpente, les hommes couvrent le sol de terre fraîche. Après quelque temps, cette terre humidifiée se transforme en surface aussi dure que la brique. De grands foyers de pierre sont aussi construits dans chaque pièce. » Sir Cecil Denny
Cette lettre est l’une des quelques pièces de correspondance attestant l’utilisation du nom Fort Brisebois pour parler du Fort Calgary.
Comme l’hiver s’installe, les hommes sont heureux de quitter leur tente pour emménager dans le fort. Ils ne demeurent toutefois pas aussi heureux quand Brisebois prend possession du seul fourneau de cuisine disponible dans le fort pour l’amener dans ses quartiers! Un salaire en retard, un commandant insensible et d’autres plaintes nuisent au moral des hommes. Le résultat : une lettre de plaintes est envoyée à Macleod. Quand Macleod et l’assistant commissaire Irvine arrivent pour mener leur enquête, ils étouffent la mutinerie. Ils font aussi des changements majeurs; l’inspecteur Brisebois avait commencé à utiliser son nom pour désigner le poste, le nommant Fort Brisebois. Brisebois étant détesté par ses hommes et les colons, ce nouveau nom donné au fort les irritait. Macleod suggère donc de changer le nom du fort pour adopter celui de Fort Calgary, en l’honneur de sa demeure familiale en Écosse. On disait à l’époque que ce nom signifiait « eau courante claire ». Tous acceptent le nouveau nom sauf l’inspecteur Brisebois qui, insulté, résigne de son grade peu de temps après cette décision. C’est donc l’inspecteur Denny qui prend les commandes, en remplacement de Brisebois.
Avec les années, les dimensions du fort changent pour satisfaire aux nouveaux besoins de l’Ouest. En 1882, le Fort Calgary est sur la liste des fermetures, mais l’optique de la PCN-O change. La plupart des Autochtones sont installés dans des réserves et les policiers deviennent de plus en plus occupés à faire respecter la loi parmi la population blanche. Le vieux fort est démoli en 1886 pour être remplacé par un fort plus grand : une nouvelle étable, une remise à chariots, des ateliers, une réserve et des casernes sont construites. En 1886, les casernes prennent feu. Elles sont remplacées par un grand édifice à deux étages. En 1914, la terre est vendue à la compagnie ferroviaire Grand Trunk Railway. Calgary possède alors sa propre force policière. La présence de la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest (RGCN-O) est dorénavant sollicitée dans les milieux ruraux.